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Le marquage de la chaussée : aussi une question de sécurité

Le marquage sur la chaussée fait tellement partie du paysage qu’on y prête moins d’attention qu’à d’autres questions de sécurité routière. Pourtant, il est nécessaire pour guider les usagers de la route et leur indiquer les mouvements à exécuter, tout en assurant l’harmonie et la sécurité des déplacements. Surtout, des marques manquantes ou inappropriées peuvent constituer un réel danger.

Pour une conduite sécuritaire, suivez le guide!

Le marquage sur la chaussée fait partie intégrante de la signalisation routière. Il complète les indications fournies par les panneaux de signalisation et les feux de circulation.

Il sert notamment à indiquer :

  • le sens de la circulation
  • les voies de circulation
  • les zones de dépassement interdit
  • la partie carrossable de la voie
  • les lignes d’arrêt des véhicules à une intersection
  • les passages pour piétons
  • les manœuvres particulières à exécuter
  • les voies cyclables
  • les voies réservées.


Jaune, blanc… ou orange?

Au Québec, les marques sur la chaussée sont principalement blanches ou jaunes.

Les marques de couleur jaune sont utilisées entre autres pour :

  • séparer les voies d’une chaussée à circulation dans les deux sens;
  • indiquer la limite gauche de la chaussée sur les autoroutes ainsi que les bretelles d’autoroutes;
  • délimiter les passages piétonniers aux intersections pour lesquelles il n’y a pas de feux de circulation ou de panneaux d’arrêt.

Les marques de couleur blanche, quant à elles, sont par exemple utilisées pour :

  • séparer les voies d’une chaussée à sens unique;
  • indiquer la limite droite d’un chemin public à chaussées séparées;
  • délimiter les passages piétonniers aux intersections où il y a des feux de circulation ou des panneaux d’arrêt.

Une nouvelle couleur?

Une nouvelle couleur fera-t-elle son apparition sur nos routes bientôt? Depuis avril 2011, le marquage orange, utilisé en Europe et sur les routes de certaines autres provinces canadiennes, fait en effet l’objet d’un projet-pilote sur la route 132, à Longueuil, entre le boulevard Roland-Therrien et l’échangeur de l’autoroute 20 et de l’autoroute 25.

Ce projet-pilote, qui doit être repris à l’hiver 2011 et à l’hiver 2012, a pour objectif d’améliorer la sécurité des usagers de la route dans une zone de chantier durant l’hiver. Puisque la couleur orange est plus visible sur une chaussée de béton, son utilisation devrait être plus avantageuse en hiver lorsqu’il y a de la neige ou des résidus de calcium sur la chaussée.


Pour un complément d’information sur le marquage des chaussées, vous pouvez consulter le Guide de la route publié par Les Publications du Québec.

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Survol des pratiques de marquage de la chaussée au Québec

À la fin août 2011, CAA-Québec a interrogé les autorités municipales de certaines villes de la province1 ainsi que le ministère des Transports du Québec (MTQ) afin de connaître les pratiques de marquage de la chaussée au Québec.

Les questions posées portaient sur 4 thèmes :

  • longévité et la durabilité
  • calendrier d’entretien
  • budget
  • produits de marquage

Les réponses formulées par les administrations municipales et le MTQ permettent à CAA-Québec de dégager les constats suivants.

Longévité et durabilité

La plupart des villes interrogées utilisent des produits de marquage de courte durée dont la longévité moyenne se situe entre 6 et 12 mois. Le ministère des Transports utilise pour sa part des produits de marquage de courte durée (2 ans et moins), de moyenne durée (plus de 2 ans) et de longue durée (plus de 4 ans).

Le débit de circulation et l’entretien hivernal influencent la longévité du marquage. Certaines villes ont précisé qu’elles ont observé une différence notable dans la durée de vie du marquage effectué sur les artères à faible débit de circulation par rapport à celui effectué sur les artères à fort débit de circulation. Ainsi, sur les grandes artères, la longévité du marquage est inférieure. Le ministère des Transports mentionne que sur une route où le débit de circulation est élevé – il compte sur son territoire de nombreuses routes de ce type –, mais où les véhicules routiers circulent peu sur les lignes, l’usure sera beaucoup moins rapide.

En ce qui a trait à l’entretien hivernal, le type d’abrasif appliqué et l’équipement de déneigement utilisé influencent la performance du marquage. Le véhicule lourd muni d’une gratte peut par exemple enlever le saupoudrage de microbilles de verre que peuvent contenir certains produits de marquage homologués.

La très forte majorité des villes questionnées procèdent par une inspection visuelle afin d’évaluer la qualité du marquage routier sur leur territoire. En plus de l’inspection visuelle qui est effectuée au début du mois d’avril, le MTQ, quant à lui, effectue une inspection de mai à octobre à l’aide d’un rétroréflectomètre mobile qui permet de connaître le niveau de rétroréflexion, c’est-à-dire la capacité du marquage de réfléchir la lumière, essentielle à la visibilité de nuit.

La longévité du marquage peut aussi varier selon le type de chaussée (bitume ou béton). Le ministère des Transports a remarqué que certains produits de marquage, tels que les résines époxydiques, performaient mieux sur les chaussées de béton.

Calendrier d’entretien

Le marquage routier constitue une priorité printanière pour l’ensemble des administrations. De plus, certaines municipalités priorisent le marquage des bandes et voies cyclables et ensuite le marquage des artères principales où le débit de circulation est plus important.

En raison des inspections réalisées sur son réseau, le MTQ affirme être en mesure de prioriser les endroits problématiques pour intervenir le plus rapidement possible.

Lorsque le repavage d’une route dont le revêtement présente également des déficiences en ce qui a trait au marquage est prévu plus tard après le printemps dans le calendrier des travaux routiers, les autorités procèdent à une analyse. Un marquage temporaire peut alors être effectué si la sécurité des usagers de la route est en jeu par exemple.

Après avoir pavé une route, les différentes administrations effectuent le marquage définitif le plus rapidement possible. Dans l’intervalle, des délinéateurs (plaquettes jaunes ou blanches placées à intervalles réguliers) peuvent être appliqués ou un marquage temporaire effectué.

Lorsque interrogés à la fin août 2011, les villes et le ministère ont mentionné avoir effectué sur leur territoire respectif entre 90 et 100 % des opérations de marquage prévues pour l’année 2011.

Budget

Le budget annuel consacré au marquage de la chaussée varie évidemment d’une autorité à l’autre. Seules deux d’entre elles ont révélé que les sommes consacrées au marquage de la chaussée n’étaient pas suffisantes pour mener à bien les opérations originalement prévues au calendrier.

Les municipalités ont recours à des contractants pour effectuer en totalité ou en partie le marquage sur leur territoire, alors que le MTQ a recours à des contractants pour seulement 25 % des 80 000 km de lignes tracées annuellement. Lorsqu’ils ont recours à des contractants, les autorités procèdent par un processus d’appel d’offres public.

Produits de marquage

Les produits utilisés au Québec comportent généralement une propriété réfléchissante (microbilles de verre) afin que le marquage soit visible la nuit.

Sur l’ensemble du territoire québécois, plusieurs types de produits de marquage sont utilisés. Alors que les municipalités utilisent principalement de la peinture à base d’eau et parfois de la peinture alkyde (pour des considérations environnementales, l’usage de cette peinture est de plus en plus restreint), le MTQ utilise en plus de la résine époxydique, du méthacrylate de méthyle (M.M.A.) et des bandes préfabriquées. La peinture à base d’eau et la peinture alkyde sont des produits de marquage à courte durée. La résine époxydique et le M.M.A. sont des produits à moyenne durée et les bandes préfabriquées constituent du marquage de longue durée. Plus un produit de marquage a une longue durée de vie et plus il est coûteux.

1Gatineau, Laval, Longueuil, Québec, Saguenay, Sherbrooke et Trois-Rivières. La Ville de Montréal a choisi de ne pas répondre aux questions posées par CAA-Québec.

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Les constats des experts en sécurité routière de CAA-Québec

En dépit des efforts des autorités concernées, il semble que le marquage au sol fasse figure de parent pauvre sur nos routes. C’est du moins ce qu’ont constaté des experts de CAA-Québec en visitant, au cours de l’été dernier, plusieurs régions du Québec. Au chapitre des principales lacunes d’entretien du marquage des chaussées, on note par exemple :

  • l’absence de ligne d’arrêt à de nombreuses intersections, un marquage pourtant essentiel pour l’automobiliste qui doit immobiliser son véhicule au bon endroit pour ne pas nuire à un déplacement sécuritaire des voitures, vélos et piétons qui traversent aussi l’intersection.
     
  • l’absence de ligne médiane, dans les quartiers résidentiels surtout, mais aussi sur certains boulevards urbains, ce qui augmente considérablement les risques de collisions frontales à haute vitesse. Qui plus est, à la tombée du jour ou lors de conditions climatiques plus difficiles, une telle ligne sur la chaussée représente un repère essentiel pour les usagers.
     
  • l’absence de traverses piétonnières à certains endroits stratégiques, de lignes discontinues pour séparer deux voies, de flèches de sélection de voie aux intersections pour indiquer la direction (tout droit, virage à droite ou à gauche), et même de délimitations au sol pour une piste cyclable.

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Un état préoccupant pour les membres de CAA-Québec

En mai 2011, lorsque interrogés sur l’état général du marquage sur les routes du Québec, les membres CAA-Québec l’ont qualifié d’assez mauvais. En effet, 87,1 % des répondants ont opté pour les qualificatifs moyen, passable ou très mauvais pour le décrire.

En pensant particulièrement à la conduite nocturne, 91 % des membres CAA-Québec qui ont répondu au sondage maison ont qualifié l’état des lignes qui séparent les voies de circulation sur la chaussée au Québec de moyen, passable ou très mauvais.

Enfin, 89 % des répondants ont affirmé que les opérations de marquage sur la chaussée devraient être une priorité printanière.

Les résultats de ce sondage sont clairs : le marquage de la chaussée est un sujet qui préoccupe les usagers de la route et ils sont d’avis que son état devrait être amélioré.

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Une question de sécurité au cœur des recommandations de plusieurs coroners

Le marquage de la chaussée, c’est sérieux! Une marque sur la chaussée effacée, manquante ou inappropriée peut causer des accidents. Au cours des dernières années, trois automobilistes ont perdu la vie au Québec sur des tronçons de route où le marquage était inadéquat, comme en témoignent les rapports des coroners.

En 2008, un automobiliste a perdu la vie lors d’une collision avec un camion lourd sur la route 143 à Saint-Bonaventure. L’automobiliste a empiété sur la voie inverse dans une courbe où la ligne médiane (jaune, double et continue) était totalement effacée. L’impact avec le véhicule lourd qui roulait en sens contraire était inévitable. Dans son rapport, le coroner Martin Sanfaçon a recommandé au ministère des Transports du Québec de prioriser, lors du marquage des routes relevant de sa compétence, les secteurs plus à risque, tels que les courbes prononcées et les autres endroits qui présentent une géométrie particulière augmentant le risque d’accident. 

Toujours en 2008, le coroner Michel Miron a recommandé au ministère des Transports de s’assurer que le marquage des routes soit de nature à éviter toute ambiguïté pour les automobilistes lors des travaux routiers. Cette recommandation faisait suite à une collision frontale sur la route 175 où l’un des deux automobilistes impliqués a perdu la vie. L’impact a eu lieu à un moment où la noirceur était importante. Il s’est produit à la sortie d’une courbe où la ligne centrale n’était pas visible en raison de travaux de voirie et où une seule ligne d’accotement (côté est) était visible, mais peu.

Le 24 juin 2001, le conducteur d’une minifourgonnette circulant sur la route 212 à Notre-Dame-des-Bois a été mortellement blessé lorsqu’un camion semi-remorque circulant en sens inverse a empiété sur sa voie dans une courbe. Au moment de l’impact, la visibilité était réduite par de la brume. De plus, les lignes doubles médianes étaient peu visibles, dès l’amorce de la courbe, et devenaient presque invisibles par la suite. En 2002, le coroner Robert Giguère a estimé qu’un marquage adéquat des lignes médianes aurait pu éviter cet accident. Il a recommandé d’effectuer plus tôt le marquage annuel des lignes médianes.

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Inscrivez vos signalements

Afin de pouvoir dresser un portrait général et plus complet de la situation, CAA-Québec vous invite, que vous soyez automobiliste, cycliste, piéton, etc., à signaler vous aussi les problèmes de marquage de la chaussée observés dans votre région.

Grâce aux signalements reçus de partout dans la province, CAA-Québec compte faire un suivi auprès des autorités responsables pour les inciter à apporter les correctifs nécessaires le plus rapidement possible.

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